Dame nature part en fumée ! Défrichement, déboisement et plantation de vignes : la biodiversité doit être prise en compte

Vue panoramique des 8 ha défrichés

Loire Layon Aubance, une nature exubérante

Au milieu du xxe siècle, les surfaces en vigne étaient à leur apogée dans la vallée du Layon puis elles ont diminué, se concentrant sur les espaces les plus productifs et les plus accessibles. Par conséquent, les zones délaissées se sont peu à peu boisées, la nature y reprenant progressivement sa place.

Cette histoire fait la particularité et la qualité des paysages viticoles actuels de la vallée du Layon. À la différence des terroirs bourguignon, champenois ou du muscadet voisin, les écosystèmes y sont relativement préservés et diversifiés. Cette mosaïque de milieux viticoles, agricoles, boisés est le support d’une biodiversité extraordinaire.

1 347 espèces de plantes, 2 500 espèces d’insectes, 250 d’oiseaux, 55 de mammifères sont connues sur ce territoire, comme le diagnostic biodiversité intercommunal le résume.

De nombreuses espèces rares et emblématiques comme la Tulipe sauvage, la Linotte mélodieuse, le Rhinolophe euryale, le Triton marbré et bien d’autres encore. Mais au-delà de leur beauté, nombre de ces espèces contribuent de manière significative à réguler les écosystèmes et les ravageurs des cultures (chauves-souris, oiseaux insectivores, insectes auxiliaires…).

Ainsi, la fonctionnalité de ces écosystèmes est assurée par cet équilibre séculaire entre cultures intensives et espaces sauvages (vallons, coteaux, friches et boisement). Les grandes surfaces de vignes homogènes sont aujourd’hui entrecoupées par la vallée du Layon et ses nombreux affluents ainsi que par la présence de zones boisées ou en friche.

L’apparition de ces milieux a permis à toute une biodiversité de ne pas disparaître totalement des paysages agricoles intensifs. Dans les friches se trouve une flore particulière, un grand nombre d’espèces d’oiseaux (Rougegorge, Accenteur, Merle, Linotte mélodieuse, Bruant zizi, Tarier pâtre, etc.), des Lézards verts, des Orvets et autres reptiles, des centaines d’espèces d’insectes affectionnant les milieux de fourrés ou de landes. Parfois abandonnées depuis un siècle, ces friches sont devenues de véritables boisements centenaires, composés de chênes, de frênes et d’arbustes. Ces écosystèmes forestiers sont les plus évolués et les plus riches de notre planète, capable de stocker naturellement une grande quantité de carbone. Ils participent fortement à la régulation du climat local lors des épisodes de canicule.

L’Anjou : un patrimoine viticole d’exception

Ce paysage, ce climat et ce sol font de l’Anjou un patrimoine viticole d’exception. Après des années de déprise et de ralentissement de la pression foncière, le terroir du Layon attire, ces dernières années, de plus en plus de vignerons et d’investisseurs. La tentation de remettre en culture des zones délaissées depuis des décennies voire un siècle est grande et nous assistons de plus en plus fréquemment à des défrichements et des déboisements parfois titanesques. La nature part alors en fumée sans plus de précaution du vivant ou du stock de carbone que cela représente. Les travaux mis en œuvre sont lourds et modifient de manière inexorable les milieux, les sols, affectant fortement la biodiversité qui s’y est réfugiée et provoquant parfois la disparition locale d’espèces, tout comme l’urbanisation peut le faire ailleurs. Sans diagnostic préalable, des dizaines d’hectares de nature sont détruits chaque année le long du Layon.
Il est aujourdhui choquant que ces milieux naturels disparaissent sans aucune considération, de la part de certains viticulteurs et acteurs locaux. Nous continuons à creuser ainsi le lit de nos maux futurs (invasions de ravageurs, disparition du patrimoine génétique, libération massive de carbone, mauvaise infiltration de l’eau dans les sols, absence de régulation des pics de chaleurs estivaux). Ceci est d’autant plus paradoxal qu’aujourd’hui la collectivité et les vignerons travaillent ici et ailleurs à la replantation de haies ou à la promotion des chauves-souris.

Cette année par exemple, ce sont 10 ha de friches, de landes à bruyères (très mellifères) et de boisements qui ont été rasés à blanc sans qu’aucune haie ou petite surface arborée ne soit conservée. L’impact sur la biodiversité est alors majeur alors qu’il aurait été possible de conserver certains éléments arborés (friches, haies, talus, landes, etc.) afin de limiter les conséquences sans remettre en cause la plantation de vigne. Ces constats, notamment à travers cet exemple, nous amènent à communiquer auprès de la profession viticole afin d’encourager les démarches de diagnostic préalable.

Seuls quelques arbres ont été laissés. Les tas sont généralement brûlés sur place.

Prendre en compte la biodiversité

Ces anciennes parcelles viticoles qui ont évolué en friche voire en boisement abritent désormais une biodiversité particulière avec des espèces protégées et parfois menacées. La plantation de vignes dans ces zones nest pas incompatible avec la préservation de la biodiversité si certains principes sont respectés :

  • Conserver un équilibre avec les zones arborées sous forme de haies, d’arbres isolés, de friches et de boisements ;
  • On s’assurera aussi de ménager des corridors entre les zones arborées aux alentours ;
  • Ne pas défricher entre le 1ᵉʳ mars et le 31 septembre ;
  • Identifier préalablement les végétations et habitats remarquables, et les préserver (landes à bruyères, pelouses calcaires…) ;
  • Conserver au maximum les vieux arbres, qu’ils soient creux ou dépérissants ;
  • Valoriser le bois (plaquette, bois déchiqueté, bûche, etc.) plutôt que de le brûler en tas (pratique très nocive et gaspillage de ressource énergétique).

La Ligue pour la Protection des Oiseaux peut vous accompagner et vous conseiller dans votre projet de plantation. Le guide technique Favoriser la biodiversité dans vos vignes peut également vous apporter de nombreux conseils concernant la prise en compte de la biodiversité.

Contact : anjou.accueil@lpo.fr – 02 41 44 44 22

Retrouvez le communiqué de presse ICI

La réserve naturelle régionale des Coteaux du Pont-Barré cherche à se renouveler

Le site du Pont-Barré est classé en réserve naturelle depuis 1984, le chanoine Robert Corillion en fut le premier conservateur. Dès les années 1960 il entreprit, en parallèle de ses travaux de portée scientifique, d’entretenir et de favoriser la biodiversité sur les parcelles qu’il acquit sur ses deniers personnels.

Aujourd’hui, 250 ans après les premiers travaux naturalistes décrivant la richesse remarquable du site, la LPO au côté des propriétaires et des acteurs locaux entreprend d’actualiser son projet associatif autour de cet espace.

Découvrez l’histoire de ce site d’exception ICI

Phalangère à fleur de lys (Anthericum liliago)

Alors votre avis nous intéresse !

Pour vous c’est quoi une réserve naturelle  ? Quelles idées voudriez-vous voir germer sur cet espace  ?

Connaissez-vous le site  ? Quelles remarques ou anecdotes souhaitez-vous nous conter  ?

N’hésitez pas  ! Répondez au sondage cela prend une minute en cliquant ICI

Cap sur les zones humides à l’occasion de la JMZH 2021

Du 30 janvier au 28 février, la LPO vous emmène observer la faune et la flore de ces lieux uniques. Suivez le guide  !

JMZH, quèsaco  ?

La JMZH ou Journée mondiale des zones humides est célébrée le 2  février pour commémorer la signature de la cConvention de Ramsar (Iran) sur les zones humides en 1971.

La convention sur les zones humides  ?

Il s’agit d’un texte qui cadre l’utilisation des ressources en eau  : marais, tourbières, prairies humides, lagunes, mangroves, deltas, baies, rives. Les milieux humides quoi  ! Ce texte protège ainsi la multitude d’espèces animales et végétales qui y vivent.

Les zones humides, ces milieux riches et variés

Quel est le point commun entre la baie du Mont-Saint-Michel, le Marais audomarois dans le Pas-de-Calais, la Brenne, le lac de Grand-Lieu au sud de Nantes, la Camargue, l’étang des Salines en Martinique ou encore les marais salants de Guérande  ? Ce sont des zones humides  !

Le terme «  zone humide  » est très vaste, et il désigne un espace de transition entre la terre et l’eau. Il s’agit de lieux où l’eau peu profonde (douce ou salée) est présente de façon permanente ou temporaire  : estuaires, lagunes, étangs, lacs, marais, marais salants, baies, vasières, tourbières, prairies humides, mares, forêts humides, ou encore récifs coralliens, lagons et mangroves dans les régions tropicales.

Savez-vous ce qui garantit une eau de qualité et peu onéreuse à notre robinet  ? Oui  ! Les zones humides  ! Elles jouent en effet un rôle de premier plan dans le cycle de l’eau en la stockant en période d’inondation et en la restituant en période de sécheresse.

Le thème de 2021 est donc tout trouvé  : zones humides et eau  ! Thème qui s’inscrit dans la Décennie d’action pour l’eau proclamée par les Nations Unies en 2018 et dont l’un des objectifs de développement durable est de garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et vise à assurer une gestion durable des ressources en eau.

À cette occasion, la LPO vous propose des animations du 30  janvier au 28  février partout en France  ! Au programme  : sorties, expositions, chantiers nature, conférences… Il y en a pour toutes les envies. Consultez toutes les animations sur le portail en ligne dédié


L’association PEGAZH dAngers propose une édition spéciale puisqu’elle est proposée sur la semaine du 1ᵉʳ au 7  février en ligne.

L’occasion pour vous d’assister à :

  • Des conférences sur de nombreux sujets diversifiés,
  • Des vidéos sur les zones humides et leur richesse,
  • Des quizz pour apprendre chaque jour,
  • Des outils pédagogiques pour s’amuser avec les enfants,
  • Des parcours découverte abordant différents thèmes au lac de Maine et à l’étang Saint-Nicolas,
  • Une sortie organisée par la Ligue de Protection des Oiseaux sur les oiseaux d’eau du Lac de Maine, le dimanche 7  février

Une semaine pour découvrir les intérêts des zones humides tout en s’amusant  !

Retrouvez le programme complet ici

Alors n’hésitez pas à participer, seul ou accompagné, entre collègues, amis ou famille  ; il y en aura pour tout le monde  !

Les 30 & 31 janvier : Comptage national des oiseaux des jardins

Vous prenez plaisir à observer les oiseaux de votre jardin et souhaitez vous rendre utile ? La LPO et le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) vous invitent à participer au week-end national de comptage des oiseaux des jardins qui aura lieu à la fin du mois !

Merle noir (Turdus merula) – Crédit photo : Fabrice Cahez

Le week-end national de comptage des oiseaux des jardins… c’est quoi ?

L’observatoire des oiseaux des jardins vous invite à partager les observations des oiseaux de votre jardin tout au long de l’année, avec deux temps forts : le dernier week-end de janvier pour les oiseaux hivernants et le dernier week-end de mai pour les oiseaux nicheurs. Vous êtes ainsi des milliers d’observateurs chaque année depuis 2013 à faire avancer la connaissance des oiseaux de nos jardins en partageant vos données.

Les prochaines observations collectées pour le comptage de janvier permettront d’identifier les espèces venues passer l’hiver en France et la vague de froid qui touche actuellement la France promet de belles observations à la mangeoire !

Comment participer ?

Pas besoin d’être un expert, il suffit d’avoir un peu de temps, d’aimer regarder ce qu’il se passe dans son jardin et de savoir compter. Facile !

o Choisissez un jour d’observation, le samedi 30 ou le dimanche 31janvier et un créneau d’une heure, idéalement en fin de matinée ou en début d’après-midi, lorsque les températures sont un peu plus chaudes et les oiseaux plus actifs ;

o Trouvez un lieu d’observation, un jardin ou un balcon, en ville ou à la campagne. Un parc public peut tout à fait servir de lieu d’observation.

o Comptez et notez durant une heure tous les oiseaux qui visitent le jardin. Pour les reconnaître plus facilement, des fiches sont disponibles sur le site de l’Observatoire ainsi qu’une fiche d’aide pour le comptage.

o Transmettez les données sur Faune-Anjou

Comment éviter les doubles comptages ?

Il suffit de compter le nombre maximal simultané d’individus de chaque espèce observés durant le créneau horaire. Par exemple, pour une observation successive de 2 mésanges charbonnières, puis 4, puis 1, ne notez que 4 mésanges charbonnières et non 7 (2 + 4 + 1).

Besoin d’aide ?

L’équipe peut vous aider à identifier les oiseaux observés. Prenez en photo ceux pour lesquels l’identification n’est pas certaine et envoyez-nous le portrait de l’oiseau sur oiseauxdesjardins@lpo.fr

Si vous avez des questions techniques sur le fonctionnement du site ou si vous rencontrez un problème, nous vous invitons dans un premier temps à consulter le guide d’aide disponible <<ici>>.

Nous comptons sur vous pour une mobilisation record !

Vous désirez en faire plus pour les oiseaux  : devenez Refuge LPO

En 2021, la LPO profite du centenaire de la création de son programme Refuges pour valoriser et célébrer le 1er réseau de jardins écologiques de France. Voilà une bonne occasion de le rejoindre en créant votre Refuge LPO ! En vous inscrivant, vous bénéficierez de conseils d’aménagements pour inviter la biodiversité dans votre jardin ou sur votre balcon. Avec plus de 35 000 membres sur plus de 45 000 hectares, ce réseau est au cœur de la trame verte et des corridors écologiques, en constituant un véritable maillage sur notre territoire.

Théophile, 21 ans, animateur à la LPO Anjou, pépite verte engagée depuis ses 8 ans pour la biodiversité !

Les Pépites Vertes, c’est l’émission qui donne la parole aux jeunes engagés professionnellement dans la transition écologique, pour vous aider à trouver votre voie.

Dans ce sixième épisode c’est Théophile Tusseau, 21 ans, qui est passé à la casserole. Après une formation pour devenir ferronnier d’art il a complètement changé de parcours pour revenir à sa passion initiale : la protection de la biodiversité.

Après un service civique, un BPJEPS en apprentissage au CEMEA, Théophile est aujourd’hui animateur nature, chez nous, à la LPO Anjou.

Son parcours plein de questionnement est guidé par une roue motrice constante : l’engagement.

Des questions sur le parcours de Théophile ? N’hésitez pas à le contacter par mail : theophile.tusseau@lpo.fr

Retrouvez d’autres pépites par ICI

Deux refuges supplémentaires dans des écoles dès ce début d’année !

Le 7 janvier, notre présidente, Reine, signait deux conventions « refuges » avec les directrices des deux écoles primaires de Saint-Léger-de-Linières, sous le parrainage et à l’initiative de la Mairie.

Signature réalisée sous le regard attentif de 3 élèves membres du conseil municipal des enfants, qui imaginent déjà d’autres actions écologiques : « Et si on élevait des poules à l’école, pour manger les restes de la cantine  ?… »

Nul doute que les réalisations concrètes qui seront effectuées sur ces deux sites, sous les conseils avisés de notre animatrice Adeline, seront avant tout une occasion de sensibilisation de nombreux enfants – et par ricochet de nombreux parents et amis – à la richesse et à la fragilité de la biodiversité du quotidien, avec des retombées qui franchiront largement les murs des deux écoles  !

Du changement dans l’équipe de la LPO Anjou

Dorénavant salarié à part entière : Théophile Tusseau

Bonjour à tous, eh oui, c’est encore moi ! Si vous recevez le LPO Info depuis 2 ans, vous avez dû suivre mes aventures au sein de la LPO Anjou.
Pour les retardataires, je vous propose un petit récap.
Je suis arrivé en tant que membre LPO dès mes 8 ans, quand mes parents m’ont inscrit au Club des jeunes naturalistes de Chalonnes. Après y avoir passé plusieurs années, je suis devenu animateur bénévole et militant pour l’association.

En 2018, après un apprentissage en ferronnerie d’art, j’ai décidé de me réorienter et d’allier mon futur métier à la passion qui me porte depuis ma plus tendre enfance, la Nature.

Mais que faire ?
En janvier 2019, j’ai commencé un service civique à la LPO Anjou.
Ma mission de médiateur faune sauvage m’a laissé le temps, entre deux SOS, de découvrir un panel d’activités et de professionnels. C’est après avoir pu expérimenter l’éducation à l’environnement, que je me suis naturellement orienté vers l’animation nature.

Après la vague de Martinets noirs et un service civique passionnant, j’ai eu la chance de rentrer en apprentissage, toujours à la LPO Anjou, pour devenir éducateur à l’environnement en suivant une formation d’un an au CEMEA Pays de la Loire.
Durant cette période, j’ai développé un projet de sensibilisation à la nature autour du bâti, à l’intention des habitants et professionnels du bâtiment. C’est grâce à ce projet, qui a bien évidemment été chamboulé pour les raisons que nous connaissons tous, que j’ai pu obtenir mon BPJEPS EEDD à l’automne 2020.

Le 2 novembre 2020, à 8 h 30, j’ai intégré l’équipe, la famille, de la LPO Anjou en signant un CDI en tant qu’animateur nature, et ce en dépit du contexte.
Ne vous inquiétez pas, mon embauche ne devrait pas mettre en péril l’association, au contraire, elle va permettre de développer de nouvelles actions d’éducation à l’environnement, mais aussi de toucher un plus large public  !

À bientôt j’espère, en animation ou dans les locaux de la LPO  ! theophile.tusseau@lpo.fr

Service civique volontaire :
Paloma Barrau, ambassadrice de la biodiversité et assistante de vie associative

Bonjour à tous ! Je m’appelle Paloma, j’ai 21 ans. J’habite au sud d’Angers au milieu des vignes et des forêts. J’observe depuis toujours la faune et la flore en amateur.
Je suis passionnée particulièrement par l’observation ornithologique. J’ai de ce fait opté pour des études liées à l’environnement. Je viens d’obtenir une licence en science et vie de la Terre. Je viens d’adopter récemment un chien prénommé Cheewie, les amateurs de StarWars sauront pourquoi !

Je suis à la LPO depuis novembre comme ambassadrice de la biodiversité et assistante de vie associative. J’ai choisi de faire un service civique dans cette association pour allier ma passion et consolider mes connaissances avant de reprendre mes études à la rentrée prochaine. L’une de mes missions va consister à m’occuper du fonds documentaire, de le recenser et de l’agrémenter. L’autre va me permettre de vous accueillir avec Hélène.
À bientôt !
anjou.vieasso@lpo.fr

Le retour des néonicotinoïdes se précise

L’arrêté ministériel autorisant à nouveau l’emploi de ces insecticides toxiques pour l’environnement vient d’être soumis à la consultation publique.
La LPO appelle à s’opposer à ce dangereux retour en arrière.  

credit photo nicolas macaire 650
 Abeille sauvage Halictus scabiosae – Crédit photo : Nicolas Macaire

Adoptée en dépit d’une forte mobilisation citoyenne, la loi no 2020-1578 du 14 décembre 2020 prévoit la possibilité de permettre l’utilisation de semences de betteraves sucrières traitées avec des produits contenant des néonicotinoïdes ou présentant des modes d’action identiques à ceux de ces substances.

Ainsi, jusqu’au 1er juillet 2023, de telles dérogations seront possibles par le biais d’un arrêté conjoint des ministres chargés de l’agriculture et de l’environnement. Le 4 janvier 2021, un projet d’arrêté a donc été soumis à la consultation du public, étape obligatoire avant la signature ministérielle et sa promulgation.

Cet arrêté prévoit ainsi d’autoriser, au titre de la campagne 2021 et pour une durée de 120 jours, l’emploi de semences de betteraves sucrières traitées avec deux insecticides neurotoxiques de la famille des néonicotinoïdes : l’imidaclopride ou le thiamethoxam.

Après s’être mobilisée dès août 2020 contre le projet de loi, la LPO invite aujourd’hui les Français à participer à cette consultation publique en cliquant ici, consultation ouverte jusqu’au 25 janvier sur le site du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, afin d’exprimer leur opposition à cet arrêté.

Un poison pour le vivant

Utilisés dans le monde à partir de 1991, les néonicotinoïdes ont des effets délétères avérés inacceptables sur la biodiversité, la qualité des sols et de l’eau, la santé humaine. Vingt ans d’études scientifiques l’ont prouvé et ont abouti à la prudente décision de les interdire en France avec la loi biodiversité du 8 août 2016. 

En Europe, 80 % des insectes volants ont disparu en moins de 30 ans. Les pratiques agricoles conventionnelles et intensives sont la première cause de ce déclin spectaculaire. Les insectes pollinisateurs sont pourtant indispensables à la reproduction de 75 % des espèces cultivées et 90 % des plantes sauvages. Ils influencent la qualité nutritionnelle et les rendements de nombreuses productions.

Pour Allain Bougrain-Dubourg : « Ce retour des néonicotinoïdes dans le sol français envoie un signal désastreux qui perpétue un modèle agricole à bout de souffle et conduit nos paysans dans une double impasse écologique et économique. Les solutions alternatives à ces produits dangereux existent et doivent être privilégiées. »