Biodiversité : Biolait engage pour la première fois les consommateurs dans son action, avec la LPO

En partenariat avec la LPO des Pays de la Loire, première association de protection de la nature, Biolait va plus loin pour la transition sociétale. Engagé depuis 25 ans pour une agriculture respectueuse de la biodiversité, le groupement de producteurs de lait bio embarque, pour la toute première fois, directement les consommateurs dans son action.

L’ambition des deux partenaires : miser sur des rencontres inédites entre des producteurs locaux, des naturalistes et des consommateurs sur les fermes pour déclencher des actions concrètes en faveur d’une alimentation encore plus respectueuse de la nature.

Les 30 premières rencontres auront lieu dans les Pays de la Loire d’ici à la fin de 2021.

À terme, Biolait et la LPO déploieront l’action partout en France.

En Maine-et-Loire, voici les 4 fermes que nous accompagnons dès cet hiver :

  • GAEC du Kozon à Chemillé-en-Anjou
  • P. Sanchez à TerrAnjou
  • GAEC EMJ à Denée

Les prairies représentent en moyenne 80 % des fermes, soit 94 000 ha partout en France ; c’est autant de surface consacrée au développement de la faune et de la flore (haies, oiseaux, insectes…). Lancer la démarche sur ces espaces faisait sens pour les deux partenaires, convaincus que la mise en action passe avant tout par la rencontre et l’émerveillement collectif sur le terrain. Par le partage honnête et sans filtre de connaissances entre ces trois profils, ces temps d’échange visent d’une part à accompagner les éleveurs et éleveuses vers des pratiques encore plus positives pour l’environnement, et d’autre part à éclairer les consommateurs sur leurs choix en magasin.

Biolait collecte du lait 100 % bio et français au sein de 1 400 fermes situées partout en France. Sans OGM, ni pesticides, ni engrais chimiques, les pratiques des éleveurs et éleveuses sont tournées vers la maximisation du pâturage bio depuis la création du groupement en 1994.

La LPO, soutenue par ses 57 000 adhérents en France et 4 000 adhérents dans les Pays de la Loire, met en place des actions concrètes pour protéger la biodiversité et sensibiliser le grand public, les scolaires, les collectivités, les entreprises à ces actions. Grâce à son programme Paysans de nature®, la Coordination régionale LPO Pays de la Loire vise également à la création et au développement d’espaces protégés par le soutien à l’installation paysanne engagée pour la biodiversité.

Retrouvez le communiqué de presse ici

Interdiction de se promener en période de confinement sauf pour les chasseurs

Alors que des millions de Français sont confinés et ne peuvent pas se promener à plus d’un kilomètre de chez eux, à juste titre puisqu’il s’agit de réduire la mise en danger des populations, quelques dizaines de milliers d’entre eux ont pourtant été autorisés à se rendre dans la nature sous prétexte d’absolue nécessité de régulation des espèces susceptibles de causer des dommages. Mais quelle était l’urgence dans la plupart des cas au regard d’une crise sanitaire sans précédent ? La LPO et l’ASPAS saisissent la justice.

V. arrêté préfectoral de Maine-et-Loire

En temps normal déjà, la destruction systématique et massive de certaines espèces est sujette à discussions tant les dégâts sont trop souvent fantaisistes et rarement vérifiés, de même les effets indésirables non mesurés, pas plus que l’efficacité de ces destructions préventives. En pleine période de COVID-19, doublée d’un risque avéré de grippe aviaire puisque l’ensemble du territoire métropolitain vient d’être placé en vigilance risque élevé, ces dérogations témoignent, pour un trop grand nombre d’entre elles, d’un laxisme administratif incompréhensible. Ainsi, l’Administration autorise des regroupements de chasseurs en battue jusqu’à 30, voire 50 personnes, sans limite de durée, de jours, de distance du domicile…

La circulaire ministérielle du 31 octobre encadrant les possibles dérogations avait pourtant bien interdit la chasse dite « de loisir ». C’était sans compter sur le poids du lobby cynégétique qui a su obtenir de véritables passe-droits. D’ailleurs certains chasseurs ne se privent pas de clamer qu’ils ont gagné sur les réseaux sociaux et dans la presse.

Vous voulez nourrir vos appelants ?

Cochez la case 3 qui indique « Consultations, examens et soins ne pouvant être assurés à distance et l’achat de médicaments » ;

Vous voulez chasser autour de chez vous ?

Cochez la case 6 «  Déplacements brefs dans la limite d’une heure quotidienne et dans le rayon d’un kilomètre du domicile » ;

Vous voulez aller tirer des sangliers, cerfs, daims, un peu partout en France, ou des chamois (comme dans le Haut-Rhin et la Haute-Saône), des mouflons (comme en Lozère ou dans l’Hérault), des renards, blaireaux (comme dans le Territoire de Belfort), des pigeons ramiers (comme dans le Lot-et-Garonne), des corneilles et même des cormorans pourtant protégés (en Charente, Loire-Atlantique, Maine-et-Loire et Haute-Vienne) ?


Grand Cormoran Phalacrocorax carbo – Crédit photo : A. Boullah/LPO

Cochez la case 8 « Participation à des missions d’intérêt général ».

Tout aussi inacceptable, des espèces qui n’étaient pas jugées comme susceptibles de causer des dégâts à cette époque de l’année, faute de semis par exemple, le deviennent sous le coup de cette crise sanitaire. C’est le cas du pigeon ramier.

Certes, un trop grand nombre de sangliers peut causer et cause des dégâts agricoles et économiques. Mais pourquoi alors ne pas interdire l’agrainage ou les chasses en enclos ? Les sangliers peuvent être tirés toute l’année. On ne fera croire à personne qu’interrompre la chasse pendant le mois de confinement va conduire à une invasion incontrôlable par les sangliers. Rappelons que les mises bas ont lieu de février à juin et qu’il n’y a pas de naissance de sangliers en automne. Cela signifie, qu’en l’absence de chasse durant le mois de novembre, le nombre de sangliers début décembre sera, au pire, le même que celui début novembre. En cas d’urgence, le préfet dispose toujours de la possibilité d’organiser des chasses administratives sous la direction et le contrôle de la louveterie et des agents de l’OFB. La menace d’une invasion, si la chasse est suspendue pendant le confinement, relève donc du fantasme plus que de la réalité.

Le président de la Fédération nationale des chasseurs, président également de la Fédération départementale des chasseurs du Pas-de-Calais, a même tenté, sans succès il est vrai, d’obtenir le droit de chasser les perdrix, faisans et autres lièvres ! Seraient-ils également nuisibles aux cultures ? Mais alors pourquoi lâcher 15 millions de gibiers d’élevage dans la nature chaque année ?

Les commissions départementales de la chasse et de la faune sauvage, déjà composées en grande majorité par des chasseurs, ont été réunies du jour au lendemain, sans respect des délais de convocation. Étions-nous donc à 4 jours près ?

Fort de ce constat, la LPO et l’ASPAS ont paré au plus pressé en attaquant les 23 arrêtés qui leur ont paru les plus incongrus : Aisne (02), Ardennes (08), Aube (10), Calvados (14), Charente (16), Corrèze (19), Creuse (23), Eure (27), Indre-et-Loire (37), Loire-Atlantique (44), Lot-et-Garonne (47), Lozère (48), Maine-et-Loire (49), Marne (51), Mayenne (53), Meurthe-et-Moselle (54), Nord (59), Haut-Rhin (68), Haute-Saône (70) Sarthe (72), Seine-Maritime (76), Haute-Vienne (87), Territoire de Belfort (90).

Inscription 2021 au Club des jeunes naturalistes de la LPO Anjou

Tu as entre 8 et 16 ans : tu aimes parcourir la nature et découvrir ses merveilles ?… Alors, viens rejoindre le Club des jeunes naturalistes de la LPO Anjou en 2021.

Pour sa treizième année, le club propose toujours une sortie mensuelle, en général le samedi après-midi avec chaque fois un thème différent, et une sortie sur un week-end. Cette année nous tenterons de scinder le groupe entre les plus jeunes (8-12 ans) et les plus âgés (13-16 ans) afin d’adapter l’animation à notre public. Une année encore très riche en nouveautés est proposée avec des découvertes incroyables allant du minuscule avec les abeilles à l’immensité de l’espace, en passant par les grenouilles, les serpents et les hérissons.

Tu confectionneras des objets à partir de matériaux naturels (vannerie, nichoirs), tu goûteras les trésors de la nature, tu frissonneras en écoutant les chouettes ou en observant les anneaux de Saturne. Tu devras faire appel à ta force pour aider un pêcheur à lever ses filets en Loire ou au contraire à ta délicatesse pour détacher un oiseau des filets et ensuite le baguer avec les scientifiques qui étudient leur migration. Tu feras tourner un vrai moulin à vent. Tu sauras être discret pour observer le castor ou les oiseaux hivernants. Enfin tu apprendras comment on protège et soigne les hérissons. Ce qui est sûr c’est que tu repartiras avec des souvenirs incroyables et des découvertes variées sur les oiseaux, les mammifères, les insectes, les poissons et même les arbres…

Le rendez-vous est fixé à Chalonnes-sur-Loire ou sur Angers, puis les bénévoles assurent les transports sur le site d’observation situé habituellement à proximité ou aux environs d’Angers. Nous accueillons des enfants de tout le département. Le nombre de places est limité à 25 et les sorties se font sur l’année civile (de février à décembre). Les frais sont réduits à l’inscription familiale à la LPO : 42 € en 2021 et 4 € par enfant d’inscription au Club CPN « Connaître et protéger la nature » ensuite une participation est parfois demandée pour certaines sorties (création nichoir, sortie en bateau sur la Loire) .

Les enfants intéressés pour découvrir la nature avec les bénévoles du club sont invités à contacter Valérie Chalumeau, tél. : 06 62 91 43 61 ou courriel : didiervalerie.chalumeau@orange.fr

Vente de graines et calendriers 2021

Nous avons besoin de vous !

Comme chaque année, la LPO Anjou propose une vente de calendriers au profit de l’association et de graines de tournesol bio pour nourrir les oiseaux des jardins pendant l’hiver.

Pour commander rendez-vous par ici

Amélioration de la prise en compte de la Loutre d’Europe

Loutre d’Europe – Joël Tudoux

Dans le cadre du plan national d’actions en faveur de la Loutre d’Europe financé par la DREAL Pays de la Loire, la LPO suit et accompagne depuis 2014 la recolonisation du département de Maine-et-Loire par l’espèce. En effet cette espèce qui a fortement régressé à cause de la dégradation de son habitat et de la chasse pour la fourrure recolonise petit à petit les cours d’eau. Cependant cette recolonisation est fragile et nécessite une prise de conscience des différents acteurs liés, agissant sur les cours d’eau comme les syndicats de rivières ou le conseil départemental 49. 

Sa recolonisation peut être perturbée, par exemple, par le franchissement des ouvrages d’art des routes (pont, buse, etc.). En effet lorsqu’un ouvrage est infranchissable par la voie aquatique ou si l’énergie qu’elle doit dépenser pour le traverser est trop grande, elle préfèrera passer au-dessus et risquera donc de se faire percuter par un véhicule. Les collisions routières sont la première cause de mortalité de cette espèce dans les Pays de la Loire, ce qui en fait donc une problématique majeure pour sa conservation. De plus une mauvaise gestion des berges et de la ripisylve peut aussi lui être dommageable car elle a besoin de zones de tranquillité pour la reproduction.

Pour enrayer son déclin, améliorer sa recolonisation et sa prise en compte, la LPO Anjou a rencontré différents techniciens qui s’occupent de rivières en 2020. Ces techniciens font partie de syndicats de rivière qui œuvrent au rétablissement de la bonne qualité des masses d’eau et des milieux aquatiques en France. Ce sont donc des acteurs incontournables à sensibiliser pour le retour de la Loutre d’Europe et plus largement des mammifères semi-aquatiques comme le Castor d’Eurasie et le Campagnol amphibie. 

Nous avons donc rencontré au total 6 syndicats :  

  • Le SMBVAR (Syndicat mixte des Basses Vallées Angevines et de la Romme) ;
  • L’agglomération de Saumur qui œuvre sur le Thouet ;
  • L’Établissement public territorial de bassin de la Sèvre nantaise ;
  • Le syndicat mixte EDENN qui s’occupe de l’Erdre ;
  • Le syndicat Layon-Aubance-Louets ;
  • Le syndicat du bassin de l’Oudon.
Aménagement par le conseil départemental de Maine et Loire – Alexandre Martin

Les techniciens n’étaient pas toujours au courant de la présence de la loutre sur leur territoire d’action et ces rendez-vous ont donc été l’occasion d’échanger sur les possibilités de prendre en compte la loutre et les mammifères semi-aquatiques dans leur programme de travaux. Nous avons aussi pu visiter des ouvrages d’art problématiques pour le passage de la faune et discuter des solutions possibles. Nous allons poursuivre en 2021 ce travail en essayant de rencontrer d’autres syndicats de rivière et d’autres acteurs agissant sur les cours d’eau.  

Rédaction : Alexandre Martin et Sylvie Desgranges.  

Budget participatif Angers 2020 : votez pour le projet n°31 !

Rappel du projet  : « Une mare pour les crapauds au parc du Vallon »

Dès la fin de l’hiver, les crapauds du quartier lac de Maine migrent la nuit vers le lac de Maine pour s’y reproduire.
Beaucoup d’entre eux passent par le parc du vallon puis franchissent l’avenue du lac de Maine où plusieurs dizaines sont écrasés chaque année par les véhicules et cela malgré le crapauduc relevé chaque matin de février à avril par les bénévoles.

Pourquoi ce projet ?

La création d’une mare :

  • Pour permettre aux crapauds de se reproduire sans avoir à franchir la route et donc de ne pas être écrasés !
  • Pour favoriser la biodiversité (libellules, oiseaux, amphibiens…)
  • Pour offrir un support pédagogique aux écoles environnantes, afin de sensibiliser les enfants à la protection de l’environnement et au respect du vivant.

Comment voter ?

Par voie numérique en se rendant sur la plateforme Écrivons Angers.
ou
par bulletin papier à compléter et à déposer dans l’une des urnes situées dans la ville :

  • A l’Agora du budget participatif, place du Ralliement : du lundi au vendredi, de 12h à 14h et de 17h à 19h30, le samedi, de 11h à 18h
  • A la Cité des associations,
  • A l’hôtel de ville,
  • Au J, Angers connectée jeunesse,
  • A la médiathèque Toussaint
  • ou dans votre maison de quartier

Quand voter ?

Nous comptons sur vous pour voter (et faire voter autour de vous) jusqu’au 19 octobre en faveur du projet de la LPO, le no 31 !

À vous de jouer  !

Chasse à la tourterelle des bois : la France tente de pigeonner l’Europe

À peine arrivée, Barbara Pompili va-t-elle ouvrir le feu sur la tourterelle des bois, espèce en voie d’extinction, malgré l’injonction de la Commission européenne d’y mettre fin ‽

Tourterelle des bois – Grégoire Duffez

Le Ministère de la Transition écologique s’apprête à laisser tuer 17 460 Tourterelles des bois dès la rentrée de septembre. Alors qu’une infraction a été relevée par la Commission européenne contre la France qui laisse chasser cette espèce en danger, et que le candidat Emmanuel Macron s’était engagé à stopper la chasse des espèces en mauvais état de conservation.

La LPO invite ses sympathisants à participer à la consultation publique ouverte jusqu’au 12 août afin de s’opposer à ce projet d’arrêté incompréhensible. 

Inscrite sur la liste rouge de l’UICN, la Tourterelle des bois est menacée d’extinction au niveau mondial. Ses effectifs en Europe sont en chute libre (−80 % depuis 1980). Ce déclin apparaît comme particulièrement prononcé sur la voie de migration occidentale dont fait partie la France. Des pays comme le Royaume-Uni pleurent déjà sa disparition. Et ce ne sont pas les milieux favorables qui manquent.

Le 2 juillet dernier, la Commission européenne a pourtant adressé un avis motivé à la France afin qu’elle prenne des mesures urgentes contre la chasse des espèces en mauvais état de conservation et en premier lieu la Tourterelle des bois.

L’an dernier, consulté par le Ministère en charge de la Transition écologique, un comité d’experts scientifiques a conclu à la nécessité de stopper au moins provisoirement la chasse de cette espèce afin de maximiser les chances d’une stabilisation des effectifs à court terme. L’État a quand même cédé au lobby cynégétique et accordé un quota de 18 000 oiseaux, jurant que les « prélèvements » seraient encadrés, rapportés et analysés. Las, les chasseurs n’ont pas déclaré toutes leurs prises et personne n’est en mesure de dire si ce quota a été respecté ou non faute de contrôles suffisants. Le recours de la LPO contre cet arrêté ministériel du 30 août 2019 n’a toujours pas été examiné sur le fond. Le chiffre de 17 460 proposé cette année à la place de 18 000 prend simplement en considération une baisse de population estimée à 3 % par an.

Pour Allain Bougrain-Dubourg : « Le Premier ministre Jean Castex a annoncé la main sur le cœur une prise en compte des enjeux écologiques par le nouveau gouvernement. Le voici devant l’épreuve du feu. Les Français sauront vite à quoi s’en tenir ».

Vers une deuxième saison catastrophique pour les sternes de la Loire

L’année avait pourtant si bien débuté. Les Sternes naines et Sternes pierregarins, espèces emblématiques qui nichent sur les bancs de sable de la Loire sont revenues en nombre cette année afin de pondre leurs œufs au sein de cavités creusées à même le sable et élever leurs jeunes.

La LPO Anjou comptabilisait ainsi 14 sites, tout début juin, réunissant au total 248 couples de Sternes pierregarin et 156 couples de Sternes naines. Cela faisait plusieurs années que nous n’avions pas eu une telle population.

Malheureusement une crue d’ampleur exceptionnelle est survenue entre le 17 et le 19 juin avec une hausse des niveaux de la Loire avoisinant les 1,40 m. Cette crue a submergé l’ensemble des 14 sites identifiés comme sites de reproduction. Nids, œufs et poussins ont été emportés par les eaux en pleine nuit.

Il aura fallu 15 jours pour voir la moitié des couples seulement s’installer de nouveau en colonies et relancer un nouveau cycle. Mais les menaces pesant sur ces couples sont toujours là.

Sterne naine – Louis-Marie Préau

Le pire des scénarios

Comme en 2018, menaces naturelles et anthropiques se conjuguent. La saison touristique est déjà bien lancée et les sternes couvent toujours leurs œufs. À ce stade, les couples et colonies sont extrêmement vulnérables et chaque envol fragilise un peu plus leur reproduction. La succession des envols suite à des passages répétés aux abords des colonies peuvent engendrer la mort des embryons ou la déshydratation des poussins exposés ainsi aux fortes chaleurs, ou aux possibles prédateurs, sans protection des adultes.

La LPO Anjou constate cette année un essor d’ampleur exceptionnelle des activités touristiques en Loire aggravant une situation déjà bien compliquée. Notre association constate une augmentation non négligeable des activités récréatives sur la Loire mais surtout de comportements irrespectueux mettant à mal les colonies (survol à très basse altitude, débarquements impromptus, divagation de chiens, bivouacs…). 

Cette soif de nature, compréhensible après la période de confinement que nous avons tous vécue, ne doit pas aboutir à la destruction d’une partie de l’écosystème « Loire » aussi la LPO Anjou tire la sonnette d’alarme.

Le 13 juillet dernier, l’une des plus grosses colonies connues à ce jour, pourtant protégée par des panneaux, a disparu des suites probables d’un dérangement. Pour la première fois depuis plus de 10 ans, aucun couple de sterne ne se reproduira sur la partie angevine située à l’amont de Saumur.

Cela ne peut continuer, jusqu’où faut-il aller pour que cela cesse ? 

RESPONSABILISONS-NOUS DÈS À PRÉSENT !

Sterne pierregarin – LPO Anjou

Petit rappel sur l’arrêté préfectoral de protection de biotope

Sur cette partie de Loire située entre Montsoreau et les Ponts-de-Cé, les sites de reproduction des sternes sont protégés par arrêté préfectoral et tout débarquement y est interdit entre le 1er avril et le 15 août.

Comme chaque année, la LPO Anjou place des panneaux réglementaires de sensibilisation autour de chaque colonie (bancs de sable avec installation de couples) afin que chaque site soit identifiable par les usagers de la Loire. Le but est d’assurer toute la quiétude nécessaire aux couples de sternes pour la réussite de leur cycle de reproduction. Ces mesures sont essentielles et accompagnent le dispositif d’arrêté préfectoral de protection de biotope (APPB) actuellement en vigueur sur deux tronçons de Loire. Chaque colonie est ainsi « protégée » par la mise en place de panneaux signalant la présence d’un site occupé.

Cette année encore, la population de sternes reste très fragile et leurs nichées menacées. Les gestes à respecter sont pourtant simples.

Quelques règles simples à respecter

  • Ne pas débarquer sur un site équipé de panneaux ;
  • En cas de grève tardivement rattachée à la berge : respecter la colonie et maintenir son chien en laisse ;
  • Pas de survols à basse altitude ;
  • Passer au large de sites équipés de panneaux, ne pas s’approcher, ne pas stationner à proximité directe, rester silencieux.

Conclusion

Les sternes et plus largement le patrimoine naturel de ce fleuve qui nous est cher, sont un bien commun que nous nous devons tous de protéger afin que nos enfants, petits-enfants et générations futures puissent continuer de s’émerveiller de leur présence, de les voir évoluer sur ce fleuve.

Notre association, associée à de nombreuses structures telles que le PNR Loire-Anjou-Touraine, la DDT 49, l’Office français pour la biodiversité (OFB), œuvre chaque année à leur protection mais nos actions conjointes ne pourront y parvenir sans une participation collective.

Il est désormais temps que chacun d’entre nous prenne conscience de la fragilité de ces espèces et de l’importance de les protéger.

Cela passe inévitablement par le respect de la quiétude de ces oiseaux au cours de la saison de reproduction.

Dites NON à la chasse « traditionnelle » de plus de 150 000 oiseaux

Rouge-gorge tué par un piège à la glu, chasse non sélective.

Le Ministère de l’Écologie vient de soumettre à la consultation publique 11 arrêtés prévoyant d’autoriser la chasse de dizaines de milliers d’oiseaux sauvages dans des conditions révoltantes. Nous vous invitons à y participer.

Toutes les informations et les liens vers les consultations sont ici

Chasse : sursis pour le Courlis cendré et la Barge à queue noire ?

Courlis cendré © David Allemand

Le gouvernement propose la suspension de la chasse de ces deux oiseaux menacés pour la période 2020-2021. Encourageant, mais pas suffisant.

L’argumentaire et le lien vers la consultation est à retrouver ici.

Une nouvelle présidence à la LPO Anjou

Voilà un peu plus de 10 ans que Jean-Pierre Moron préside cette association et il ne veut pas monopoliser ce poste :

« Les années se sont aussi accumulées sur moi, et il est temps de céder la place à quelqu’un de plus jeune qui sera plus dynamique ! Ce que je peux affirmer c’est que j’ai assumé cette fonction avec beaucoup de plaisir et qu’elle m’a apporté beaucoup de satisfaction personnelle. Le bénévolat prend beaucoup de votre temps mais il apporte aussi plein de richesses dont celle de vous avoir rencontré. Je ne quitte pas pour l’instant le conseil d’administration, je tiens à rester auprès de mes collègues et amis administrateurs afin de poursuivre notre combat pour la biodiversité. »

Jean-Pierre Moron

Jean-Pierre Moron est maintenant vice-président de l’association

Les membres du conseil d’administration de la LPO Anjou remercient vivement Jean-Pierre pour ces années passées à la présidence de la LPO Anjou. Tâche qu’il a accomplie avec beaucoup de bienveillance, de bonne humeur, toujours prêt à écouter, rencontrer et donner de son temps pour faire avancer la cause. Placer notre association de protection de la nature au rang des interlocuteurs incontournables de la vie publique a été un de ses objectifs. Nous sommes heureux de savoir qu’il souhaite rester au sein du conseil d’administration. Il nous fera profiter encore longtemps de sa sagesse, de ses connaissances des dossiers, de son expérience.

Présider une telle association d’une quinzaine de salariés, c’est une grande responsabilité, beaucoup de temps en réunions au sein de l’association, en temps de médiation avec divers interlocuteurs. C’est veiller à la sécurité financière afin de continuer à agir pour la nature. C’est aussi beaucoup de temps passé en représentation auprès des collectivités locales, des institutions et de leurs représentants.

Nous remercions donc aussi son épouse Paulette qui a accepté ses absences nombreuses et assumé ainsi sa part dans les engagements pris par Jean-Pierre !

Portrait de Reine, nouvelle présidente de la LPO Anjou

Reine Dupas, nouvelle présidente de la LPO Anjou

Native de Maine-et-Loire, je suis revenue m’y installer pour ma retraite il y a juste 8 ans après avoir vécu 20 ans en région parisienne et une quinzaine d’années à La Roche-sur-Yon. Entrée par une petite porte dans l’administration et aujourd’hui retraitée du ministère de l’Agriculture, j’ai œuvré la plus grande partie de ma vie professionnelle à la protection des espaces naturels et agricoles dans les documents d’urbanisme.

La passion des oiseaux m’est tombée dessus au moment de ma migration vers la capitale. L’oiseau n’a cessé ensuite de tenir une grande place dans ma vie. J’ai d’abord adhéré au CORIF (Centre ornithologique de la région Île-de-France) : imaginez les réunions mensuelles dans un amphi un peu poussiéreux du Muséum… Intéressée par toute la Nature j’ai fréquenté entre autres un peu « Les Naturalistes parisiens » et surtout j’ai adhéré à la LPO en 1988.

J’ai appris beaucoup dans toutes ces associations, posé mon regard sur la qualité des milieux naturels grâce à l’ornithologie. C’est en Vendée que je me suis investie vraiment dans le fonctionnement de l’association où pendant 3 années j’ai assumé le poste de secrétaire de la LPO Vendée. Et depuis 7 ans je participe au conseil d’administration de la LPO Anjou.

Bien qu’observatrice active, contributrice de Faune-Anjou, en particulier par ma participation au suivi STOC (suivi temporel des oiseaux communs) depuis une vingtaine d’années, mon approche n’est pas exclusivement naturaliste. Je dirais même qu’elle est d’abord artistique et poétique, une façon éclectique de plonger dans le monde du vivant. Et c’est ainsi que fascinée par l’Oiseau, par le jeu qu’implique sa possible observation, j’ai laissé ces êtres légers conduire mes découvertes de la nature ici et par le monde. Libres et sauvages dans leurs milieux, grands migrateurs, indépendants des humains, c’est ainsi que je les veux…

Aujourd’hui, dans ce contexte de l’effondrement des espèces, du réchauffement climatique, des atteintes redoublées aux milieux naturels, c’est avec émotion que j’ai accepté d’assurer la fonction de présidente de la LPO Anjou. Avec vous tous, je souhaite contribuer au basculement nécessaire de nos sociétés pour une prise en compte réelle de la biodiversité.

Reine Dupas