Dame nature part en fumée ! Défrichement, déboisement et plantation de vignes : la biodiversité doit être prise en compte

Vue panoramique des 8 ha défrichés

Loire Layon Aubance, une nature exubérante

Au milieu du xxe siècle, les surfaces en vigne étaient à leur apogée dans la vallée du Layon puis elles ont diminué, se concentrant sur les espaces les plus productifs et les plus accessibles. Par conséquent, les zones délaissées se sont peu à peu boisées, la nature y reprenant progressivement sa place.

Cette histoire fait la particularité et la qualité des paysages viticoles actuels de la vallée du Layon. À la différence des terroirs bourguignon, champenois ou du muscadet voisin, les écosystèmes y sont relativement préservés et diversifiés. Cette mosaïque de milieux viticoles, agricoles, boisés est le support d’une biodiversité extraordinaire.

1 347 espèces de plantes, 2 500 espèces d’insectes, 250 d’oiseaux, 55 de mammifères sont connues sur ce territoire, comme le diagnostic biodiversité intercommunal le résume.

De nombreuses espèces rares et emblématiques comme la Tulipe sauvage, la Linotte mélodieuse, le Rhinolophe euryale, le Triton marbré et bien d’autres encore. Mais au-delà de leur beauté, nombre de ces espèces contribuent de manière significative à réguler les écosystèmes et les ravageurs des cultures (chauves-souris, oiseaux insectivores, insectes auxiliaires…).

Ainsi, la fonctionnalité de ces écosystèmes est assurée par cet équilibre séculaire entre cultures intensives et espaces sauvages (vallons, coteaux, friches et boisement). Les grandes surfaces de vignes homogènes sont aujourd’hui entrecoupées par la vallée du Layon et ses nombreux affluents ainsi que par la présence de zones boisées ou en friche.

L’apparition de ces milieux a permis à toute une biodiversité de ne pas disparaître totalement des paysages agricoles intensifs. Dans les friches se trouve une flore particulière, un grand nombre d’espèces d’oiseaux (Rougegorge, Accenteur, Merle, Linotte mélodieuse, Bruant zizi, Tarier pâtre, etc.), des Lézards verts, des Orvets et autres reptiles, des centaines d’espèces d’insectes affectionnant les milieux de fourrés ou de landes. Parfois abandonnées depuis un siècle, ces friches sont devenues de véritables boisements centenaires, composés de chênes, de frênes et d’arbustes. Ces écosystèmes forestiers sont les plus évolués et les plus riches de notre planète, capable de stocker naturellement une grande quantité de carbone. Ils participent fortement à la régulation du climat local lors des épisodes de canicule.

L’Anjou : un patrimoine viticole d’exception

Ce paysage, ce climat et ce sol font de l’Anjou un patrimoine viticole d’exception. Après des années de déprise et de ralentissement de la pression foncière, le terroir du Layon attire, ces dernières années, de plus en plus de vignerons et d’investisseurs. La tentation de remettre en culture des zones délaissées depuis des décennies voire un siècle est grande et nous assistons de plus en plus fréquemment à des défrichements et des déboisements parfois titanesques. La nature part alors en fumée sans plus de précaution du vivant ou du stock de carbone que cela représente. Les travaux mis en œuvre sont lourds et modifient de manière inexorable les milieux, les sols, affectant fortement la biodiversité qui s’y est réfugiée et provoquant parfois la disparition locale d’espèces, tout comme l’urbanisation peut le faire ailleurs. Sans diagnostic préalable, des dizaines d’hectares de nature sont détruits chaque année le long du Layon.
Il est aujourdhui choquant que ces milieux naturels disparaissent sans aucune considération, de la part de certains viticulteurs et acteurs locaux. Nous continuons à creuser ainsi le lit de nos maux futurs (invasions de ravageurs, disparition du patrimoine génétique, libération massive de carbone, mauvaise infiltration de l’eau dans les sols, absence de régulation des pics de chaleurs estivaux). Ceci est d’autant plus paradoxal qu’aujourd’hui la collectivité et les vignerons travaillent ici et ailleurs à la replantation de haies ou à la promotion des chauves-souris.

Cette année par exemple, ce sont 10 ha de friches, de landes à bruyères (très mellifères) et de boisements qui ont été rasés à blanc sans qu’aucune haie ou petite surface arborée ne soit conservée. L’impact sur la biodiversité est alors majeur alors qu’il aurait été possible de conserver certains éléments arborés (friches, haies, talus, landes, etc.) afin de limiter les conséquences sans remettre en cause la plantation de vigne. Ces constats, notamment à travers cet exemple, nous amènent à communiquer auprès de la profession viticole afin d’encourager les démarches de diagnostic préalable.

Seuls quelques arbres ont été laissés. Les tas sont généralement brûlés sur place.

Prendre en compte la biodiversité

Ces anciennes parcelles viticoles qui ont évolué en friche voire en boisement abritent désormais une biodiversité particulière avec des espèces protégées et parfois menacées. La plantation de vignes dans ces zones nest pas incompatible avec la préservation de la biodiversité si certains principes sont respectés :

  • Conserver un équilibre avec les zones arborées sous forme de haies, d’arbres isolés, de friches et de boisements ;
  • On s’assurera aussi de ménager des corridors entre les zones arborées aux alentours ;
  • Ne pas défricher entre le 1ᵉʳ mars et le 31 septembre ;
  • Identifier préalablement les végétations et habitats remarquables, et les préserver (landes à bruyères, pelouses calcaires…) ;
  • Conserver au maximum les vieux arbres, qu’ils soient creux ou dépérissants ;
  • Valoriser le bois (plaquette, bois déchiqueté, bûche, etc.) plutôt que de le brûler en tas (pratique très nocive et gaspillage de ressource énergétique).

La Ligue pour la Protection des Oiseaux peut vous accompagner et vous conseiller dans votre projet de plantation. Le guide technique Favoriser la biodiversité dans vos vignes peut également vous apporter de nombreux conseils concernant la prise en compte de la biodiversité.

Contact : anjou.accueil@lpo.fr – 02 41 44 44 22

Retrouvez le communiqué de presse ICI

La réserve naturelle régionale des Coteaux du Pont-Barré cherche à se renouveler

Le site du Pont-Barré est classé en réserve naturelle depuis 1984, le chanoine Robert Corillion en fut le premier conservateur. Dès les années 1960 il entreprit, en parallèle de ses travaux de portée scientifique, d’entretenir et de favoriser la biodiversité sur les parcelles qu’il acquit sur ses deniers personnels.

Aujourd’hui, 250 ans après les premiers travaux naturalistes décrivant la richesse remarquable du site, la LPO au côté des propriétaires et des acteurs locaux entreprend d’actualiser son projet associatif autour de cet espace.

Découvrez l’histoire de ce site d’exception ICI

Phalangère à fleur de lys (Anthericum liliago)

Alors votre avis nous intéresse !

Pour vous c’est quoi une réserve naturelle  ? Quelles idées voudriez-vous voir germer sur cet espace  ?

Connaissez-vous le site  ? Quelles remarques ou anecdotes souhaitez-vous nous conter  ?

N’hésitez pas  ! Répondez au sondage cela prend une minute en cliquant ICI

Cap sur les zones humides à l’occasion de la JMZH 2021

Du 30 janvier au 28 février, la LPO vous emmène observer la faune et la flore de ces lieux uniques. Suivez le guide  !

JMZH, quèsaco  ?

La JMZH ou Journée mondiale des zones humides est célébrée le 2  février pour commémorer la signature de la cConvention de Ramsar (Iran) sur les zones humides en 1971.

La convention sur les zones humides  ?

Il s’agit d’un texte qui cadre l’utilisation des ressources en eau  : marais, tourbières, prairies humides, lagunes, mangroves, deltas, baies, rives. Les milieux humides quoi  ! Ce texte protège ainsi la multitude d’espèces animales et végétales qui y vivent.

Les zones humides, ces milieux riches et variés

Quel est le point commun entre la baie du Mont-Saint-Michel, le Marais audomarois dans le Pas-de-Calais, la Brenne, le lac de Grand-Lieu au sud de Nantes, la Camargue, l’étang des Salines en Martinique ou encore les marais salants de Guérande  ? Ce sont des zones humides  !

Le terme «  zone humide  » est très vaste, et il désigne un espace de transition entre la terre et l’eau. Il s’agit de lieux où l’eau peu profonde (douce ou salée) est présente de façon permanente ou temporaire  : estuaires, lagunes, étangs, lacs, marais, marais salants, baies, vasières, tourbières, prairies humides, mares, forêts humides, ou encore récifs coralliens, lagons et mangroves dans les régions tropicales.

Savez-vous ce qui garantit une eau de qualité et peu onéreuse à notre robinet  ? Oui  ! Les zones humides  ! Elles jouent en effet un rôle de premier plan dans le cycle de l’eau en la stockant en période d’inondation et en la restituant en période de sécheresse.

Le thème de 2021 est donc tout trouvé  : zones humides et eau  ! Thème qui s’inscrit dans la Décennie d’action pour l’eau proclamée par les Nations Unies en 2018 et dont l’un des objectifs de développement durable est de garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et vise à assurer une gestion durable des ressources en eau.

À cette occasion, la LPO vous propose des animations du 30  janvier au 28  février partout en France  ! Au programme  : sorties, expositions, chantiers nature, conférences… Il y en a pour toutes les envies. Consultez toutes les animations sur le portail en ligne dédié


L’association PEGAZH dAngers propose une édition spéciale puisqu’elle est proposée sur la semaine du 1ᵉʳ au 7  février en ligne.

L’occasion pour vous d’assister à :

  • Des conférences sur de nombreux sujets diversifiés,
  • Des vidéos sur les zones humides et leur richesse,
  • Des quizz pour apprendre chaque jour,
  • Des outils pédagogiques pour s’amuser avec les enfants,
  • Des parcours découverte abordant différents thèmes au lac de Maine et à l’étang Saint-Nicolas,
  • Une sortie organisée par la Ligue de Protection des Oiseaux sur les oiseaux d’eau du Lac de Maine, le dimanche 7  février

Une semaine pour découvrir les intérêts des zones humides tout en s’amusant  !

Retrouvez le programme complet ici

Alors n’hésitez pas à participer, seul ou accompagné, entre collègues, amis ou famille  ; il y en aura pour tout le monde  !

Les 30 & 31 janvier : Comptage national des oiseaux des jardins

Vous prenez plaisir à observer les oiseaux de votre jardin et souhaitez vous rendre utile ? La LPO et le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) vous invitent à participer au week-end national de comptage des oiseaux des jardins qui aura lieu à la fin du mois !

Merle noir (Turdus merula) – Crédit photo : Fabrice Cahez

Le week-end national de comptage des oiseaux des jardins… c’est quoi ?

L’observatoire des oiseaux des jardins vous invite à partager les observations des oiseaux de votre jardin tout au long de l’année, avec deux temps forts : le dernier week-end de janvier pour les oiseaux hivernants et le dernier week-end de mai pour les oiseaux nicheurs. Vous êtes ainsi des milliers d’observateurs chaque année depuis 2013 à faire avancer la connaissance des oiseaux de nos jardins en partageant vos données.

Les prochaines observations collectées pour le comptage de janvier permettront d’identifier les espèces venues passer l’hiver en France et la vague de froid qui touche actuellement la France promet de belles observations à la mangeoire !

Comment participer ?

Pas besoin d’être un expert, il suffit d’avoir un peu de temps, d’aimer regarder ce qu’il se passe dans son jardin et de savoir compter. Facile !

o Choisissez un jour d’observation, le samedi 30 ou le dimanche 31janvier et un créneau d’une heure, idéalement en fin de matinée ou en début d’après-midi, lorsque les températures sont un peu plus chaudes et les oiseaux plus actifs ;

o Trouvez un lieu d’observation, un jardin ou un balcon, en ville ou à la campagne. Un parc public peut tout à fait servir de lieu d’observation.

o Comptez et notez durant une heure tous les oiseaux qui visitent le jardin. Pour les reconnaître plus facilement, des fiches sont disponibles sur le site de l’Observatoire ainsi qu’une fiche d’aide pour le comptage.

o Transmettez les données sur Faune-Anjou

Comment éviter les doubles comptages ?

Il suffit de compter le nombre maximal simultané d’individus de chaque espèce observés durant le créneau horaire. Par exemple, pour une observation successive de 2 mésanges charbonnières, puis 4, puis 1, ne notez que 4 mésanges charbonnières et non 7 (2 + 4 + 1).

Besoin d’aide ?

L’équipe peut vous aider à identifier les oiseaux observés. Prenez en photo ceux pour lesquels l’identification n’est pas certaine et envoyez-nous le portrait de l’oiseau sur oiseauxdesjardins@lpo.fr

Si vous avez des questions techniques sur le fonctionnement du site ou si vous rencontrez un problème, nous vous invitons dans un premier temps à consulter le guide d’aide disponible <<ici>>.

Nous comptons sur vous pour une mobilisation record !

Vous désirez en faire plus pour les oiseaux  : devenez Refuge LPO

En 2021, la LPO profite du centenaire de la création de son programme Refuges pour valoriser et célébrer le 1er réseau de jardins écologiques de France. Voilà une bonne occasion de le rejoindre en créant votre Refuge LPO ! En vous inscrivant, vous bénéficierez de conseils d’aménagements pour inviter la biodiversité dans votre jardin ou sur votre balcon. Avec plus de 35 000 membres sur plus de 45 000 hectares, ce réseau est au cœur de la trame verte et des corridors écologiques, en constituant un véritable maillage sur notre territoire.

Théophile, 21 ans, animateur à la LPO Anjou, pépite verte engagée depuis ses 8 ans pour la biodiversité !

Les Pépites Vertes, c’est l’émission qui donne la parole aux jeunes engagés professionnellement dans la transition écologique, pour vous aider à trouver votre voie.

Dans ce sixième épisode c’est Théophile Tusseau, 21 ans, qui est passé à la casserole. Après une formation pour devenir ferronnier d’art il a complètement changé de parcours pour revenir à sa passion initiale : la protection de la biodiversité.

Après un service civique, un BPJEPS en apprentissage au CEMEA, Théophile est aujourd’hui animateur nature, chez nous, à la LPO Anjou.

Son parcours plein de questionnement est guidé par une roue motrice constante : l’engagement.

Des questions sur le parcours de Théophile ? N’hésitez pas à le contacter par mail : theophile.tusseau@lpo.fr

Retrouvez d’autres pépites par ICI

Deux refuges supplémentaires dans des écoles dès ce début d’année !

Le 7 janvier, notre présidente, Reine, signait deux conventions « refuges » avec les directrices des deux écoles primaires de Saint-Léger-de-Linières, sous le parrainage et à l’initiative de la Mairie.

Signature réalisée sous le regard attentif de 3 élèves membres du conseil municipal des enfants, qui imaginent déjà d’autres actions écologiques : « Et si on élevait des poules à l’école, pour manger les restes de la cantine  ?… »

Nul doute que les réalisations concrètes qui seront effectuées sur ces deux sites, sous les conseils avisés de notre animatrice Adeline, seront avant tout une occasion de sensibilisation de nombreux enfants – et par ricochet de nombreux parents et amis – à la richesse et à la fragilité de la biodiversité du quotidien, avec des retombées qui franchiront largement les murs des deux écoles  !

La gestion des milieux aquatiques en faveur de la Loutre d’Europe

Le jeudi 10 décembre 2020, la LPO Anjou a organisé une demi-journée d’échanges avec le réseau ASTER (cellule d’animation du suivi technique de l’entretien des rivières et des zones humides) sur la gestion des milieux aquatiques en faveur de la Loutre d’Europe. Tous les techniciens rivières de Maine-et-Loire, les techniciens du conseil départemental 49 (CD 49), les agents de l’Office français pour la biodiversité (OFB) et le personnel de l’agence de l’eau Loire-Bretagne en rapport avec la loutre étaient conviés à cette rencontre.

Au total 7 personnes ont participé à cette demi-journée :

  • Bertrand Degriek du Syndicat mixte des Basses Vallées Angevines et de la Romme ;
  • Antoine Janitor du Syndicat mixte de la Divatte ;
  • Benoît Marchadour de la coordination PDL LPO ;
  • Xavière Grosbois et François Grangeard de l’OFB ;
  • Maxime Rocher EPTB Sèvre Nantaise ;
  • Bruno Vitrai du Syndicat Layon-Aubance-Louet (SLAL).

La Loutre d’Europe a quasiment disparu du département et voire même de France dans les années 1970-1980 à cause de la dégradation de son habitat par artificialisation des berges, arrachage des ripisylves, pollution de l’eau et diminution de la ressource piscicole. Les ouvrages d’art (pont, buse, barrages) sont aujourd’hui une problématique importante à cause des collisions routières qui ont lieu lorsque la loutre passe au-dessus.

L’objectif de cette demi-journée était d’échanger sur ce qu’est un habitat fonctionnel pour la loutre (berge, ripisylve, continuité écologique). Les techniciens rivières et le CD 49 sont régulièrement amenés à faire des travaux sur les cours d’eau pour améliorer la qualité de l’eau et la continuité piscicole. L’objectif était donc de leur apporter des éléments pour préserver la loutre. Nous souhaitions aussi échanger sur leur manière de prendre en compte cette espèce.

14 h-15 h : Accueil des participants et présentation de la structure et des missions de chacun. Nous avons ensuite présenté le travail de la LPO Anjou sur la Loutre d’Europe et décrit l’importance du rôle qu’ils peuvent jouer pour sa préservation. Le point de rendez-vous était à Chanzeaux pour visiter une banquette à petite faune installée par le CD 49 et le SLAL sur l’Hyrôme sous un pont en 2016. Nous avons pu aborder la problématique des ouvrages d’art pour la loutre et leur montrer une première possibilité d’améliorer son passage à ces niveaux.

Banquette à petite faune

15 h-16 h : Dans un second temps nous avons pu leur présenter un second type d’aménagement réalisé par les Autoroutes Sud France (ASF). C’était cette fois-ci un encorbellement installé sous l’A87 au niveau du ruisseau des Lantraies. Le suivi effectué par la LPO Anjou par pièges photo a montré que ces aménagements sont utilisés par de nombreux petits mammifères (martre, renard, etc.).

Encorbellement

16 h-17 h : Visite d’un autre type de passage à faune avec un ponton flottant installé par le GREGE et la DIROuest sous la N249 au niveau de la Petite Morinière. Ce ponton a été installé dans une buse ronde de 50  m de long et de 1  500  mm de diamètre après avoir retrouvé un cadavre de Loutre d’Europe percuté par un véhicule au-dessus. Les deux aménagements visités avant n’étaient pas réalisables dans ce contexte. Il a donc été choisi en 2019 d’installer un ponton flottant à loutre.

Ponton flottant

Nous avons choisi de visiter différents types d’aménagement existant pour montrer la difficulté de bien choisir lequel mettre en place. Tous les contextes sont différents et tous les aménagements ne peuvent pas s’appliquer partout. Il en va de même pour la gestion des berges et de la ripisylve qui peut fortement affecter la loutre dans certains cas. Cette demi-journée d’échanges aura donc permis de montrer à ces acteurs comment ils peuvent agir à leur échelle et de les sensibiliser sur ces différentes problématiques.

Si vous souhaitez plus de détails sur ces deux problématiques vous pouvez aller voir les documents suivants :

Rédaction : Alexandre Martin

Lancement du programme des sorties 2021

Retrouvez le nouveau guide des animations et sorties 2021 et partez à la découverte de la nature avec la LPO Anjou !

Plus de 130 rendez-vous toute l’année et dans tout le département pour vous initier à l’ornithologie, vous faire découvrir les sites naturels et la nature de proximité.

En attendant de le recevoir chez vous (si vous êtes adhérent), il est consultable en ligne ici.

Ces animations dépendront bien évidemment des conditions sanitaires en vigueur en 2021.

Installation d’un crapauduc à Rou-Marson

Comme chaque année, les bâches du crapauduc de Rou-Marson ont été installées pour permettre le passage en toute sécurité des amphibiens dans les tunnels situés sous la route. Depuis sa création, ce sont les bénévoles de la LPO Anjou qui l’installent. Malheureusement avec la situation sanitaire, il a été impossible pour eux de se déplacer.

Un crapauduc est un aménagement destiné à relier deux zones entre elles pour que les amphibiens puissent circuler de l’une à l’autre, généralement en passant sous un obstacle (mur, route, autoroute ou voie ferrée). Ce sont des aménagements vitaux et coûteux posés pour tenter d’enrayer le déclin des populations d’amphibiens. Ils permettent à ces derniers d’atteindre leur mare pour se reproduire et déposer leurs œufs lorsque ces dernières se situent de part et d’autre de la voie.

Pour remplacer les bénévoles, nous avons eu le soutien du conseil départemental de Maine-et-Loire, qui nous a envoyé trois agents du service environnement et paysages et cinq agents du centre d’exploitation de Saumur (direction des routes départementales). Neuf personnes étaient donc mobilisées sur cette action, appuyées par deux fourgons d’intervention qui nous ont permis de transporter le matériel et de mettre en place une signalisation pour sécuriser la zone lors du passage de véhicules.

Grâce à leur participation nous avons réussi à installer le crapauduc en quelques heures, le mardi matin 1er décembre. Ils ont pu se rendre compte du travail effectué par les bénévoles, chaque année, pour installer le dispositif, et ce n’est pas de tout repos !

Nous tenons à remercier les agents du conseil départemental pour leur soutien, sans qui le crapauduc n’aurait peut-être pas pu être installé. Nous remercions également les bénévoles qui participent habituellement à l’installation et qui étaient encore très motivés cette année. Nous espérons que l’évolution de la situation sanitaire nous permettra de faire de nouveau appel à eux.

Déploiement de la fibre dans nos campagnes : bocage et agriculteurs sur le fil !

Communiqué – 25 novembre 2020, « À la Sainte-Catherine tout bois prend racine »

L’arrivée de la fibre numérique dans les campagnes de Maine-et-Loire peut s’avérer un atout pour le monde rural et nous souscrivons à ce déploiement. Celui-ci est hélas régulièrement réalisé en dégradant parfois fortement le bocage de nos territoires et fait reposer sur les agriculteurs toute la responsabilité en cas de dommages sur les lignes. Nos structures tirent la sonnette d’alarme et souhaitent que des solutions techniques et des bonnes pratiques soient mises en œuvre.

Entretien des lignes téléphoniques : des années de laisser-aller

Depuis plusieurs décennies, Orange/France Télécom ainsi que l’ensemble des collectivités du territoire, en particulier les communes, ont renoncé à l’application de l’article L51 du code des postes et des communications électroniques qui obligeait les agriculteurs à élaguer les abords du fil téléphonique en cuivre, l’usage voulant que la collectivité entretienne le côté route et l’agriculteur le côté champs. Sauf à penser qu’il y ait eu négligence pendant tout ce temps-là, force est de constater que les acteurs concernés ont favorisé l’implantation de haies sur les exploitations agricoles là où elles touchaient le moins l’activité agricole, à savoir aux abords des routes, Orange prenant même à sa charge les ruptures et dégâts causés par les arbres sur les lignes téléphoniques.

De nouvelles exigences qui manquent de concertation et de bases juridiques

Depuis quelques mois, la situation a brutalement changé. Afin de permettre un déploiement rapide de la fibre optique en Maine-et-Loire (avant 2022), la stratégie choisie consiste à poser les lignes en aérien, sur l’existant c’est-à-dire au-dessus des fils téléphoniques. Le syndicat mixte ouvert Anjou Numérique et la société Anjou Fibre, respectivement commanditaire et titulaire du marché, ont décidé, sans concertation préalable suffisante, et surtout dans la quasi-totalité des cas sans en informer les agriculteurs concernés en amont, que ces derniers avaient la responsabilité de la remise en conformité du réseau bocager, et de son entretien futur, afin d’éviter toute présence de végétaux à distance d’un mètre de la fibre optique. Les bases juridiques ne semblent en outre pas fondées au regard du code rural.

Quelles conséquences pour les agriculteurs ?

L’agriculteur qui voudra conserver ses haies aux gabarits qui leur permettent de jouer leur rôle écologique devra alors faire réaliser des travaux de taille spécifiques et ce, dans la durée, opérations coûteuses à léchelle des exploitations agricoles. Il aura également sur sa tête une épée de Damoclès financière très importante en cas de rupture de la fibre lors de la taille de la haie ou lors d’une chute de branche, sans minimiser la responsabilité morale pour les paysans d’une coupure du réseau internet de tout un secteur le temps du remplacement de la ligne.

Quelles conséquences pour le bocage ?

Nous observons déjà dans de multiples endroits du département, ainsi que dans les départements voisins, des coupes claires d’importants linéaires de haies, où des coupes ramenant les haies « à hauteur de broyeur », qui ne leur permettent plus de jouer leurs rôles écologiques : captation de carbone, réservoir de biodiversité, préservation de la ressource en eau…

Des bonnes pratiques à mettre en œuvre et vite !

Devant cette situation, et avant que nous n’assistions à l’arrachage ou au « ratiboisage » d’importants linéaires de haies bocagères, il est important que le Département par l’intermédiaire d’Anjou Numérique revoie son modèle de déploiement en impliquant Orange :

  • en prenant à leur charge la remise en conformité du réseau avec des techniques d’élagage permettant dans le temps la cohabitation entre la fibre et la haie ;
  • en signant une convention qui alloue lentretien et la taille des haies relatifs à la fibre aux collectivités ou à Anjou Fibre, et en exonérant les agriculteurs de toutes responsabilités en cas de rupture de la fibre ;
  • en enterrant les lignes des fibres optiques si les deux points précédents ne peuvent être respectés. En Vendée, le choix d’enterrer un important linéaire en milieu rural a été acté par les collectivités. Cette vision de long terme est cohérente avec la fin progressive des réseaux cuivre annoncée par Orange.

Il en va du maintien et de la survie de notre réseau bocager, ce patrimoine collectif si primordial au regard des enjeux écologiques majeurs à relever au xxiᵉ siècle.