plaquette disponible au local
et à l'Office de tourisme de Beaulieu-sur-Layon :
1. Présentation du site
Les coteaux du Pont-Barré surplombent le Layon sur près de 3 kilomètres, au sud et à l'ouest du bourg. Ils possèdent une pente élevée, mais non régulière, entrecoupée de nombreux petits plateaux et d'escarpements rocheux favorables au développement de pelouses rases. Le haut des coteaux domine la vallée du Layon d'une cinquantaine de mètres.
Figure 1 : localisation des coteaux du Pont-Barré
(Beaulieu-sur-Layon, 49)
Si l'essentiel du relief est naturel, diverses exploitations ont façonné les coteaux au fil des ans. A l'extrémité est du site de Pont-Barré, se trouve une ancienne carrière de roches calcaires. Celle-ci a créé une falaise verticale abrupte sur quelques dizaines de mètres. Une autre carrière (de spilites) est située sur le sommet du plateau, s'étendant jusqu'en bordure du coteau. Par ailleurs, sous la végétation buissonnante, le visiteur pourra observer un microrelief, lié à l'exploitation ancienne de la vigne : terrasses, murets...
Le climat du Pont-Barré a été longuement étudié par le chanoine Corillion, qui effectuait les relevés sur le poste météorologique implanté dans la réserve par le CNRS.
La pluviométrie y est inférieure à 600 millimètres, proche de celle relevée dans le saumurois (CARTA, 1996). Sur le site même, le relief est à l'origine de précipitations encore plus faibles, de l'ordre de 460 mm de moyenne annuelle. Avec une température moyenne annuelle élevée (de l'ordre de 12 °C), l'indice d'aridité (indice d'aridité de De Martonne) est faible, indiquant un caractère méridional (Corillion, 1981).
Cette particularité météorologique, liée à un substrat peu épais permet le développement d'une flore thermophile annuelle, très différente de l'ensemble de celles du Massif armoricain dans lequel se situe le Pont-Barré. Ainsi Corillion (1982) faisait remarquer dans son essai sur la végétation du Pont-Barré que 41 % des espèces végétales méridionales du Massif armoricain étaient présentes sur les coteaux du Pont-Barré. Elle explique également la présence de nombreuses espèces thermophiles (papillons méridionaux, cigales...).
2. Intérêt biologique du site
2.1. Intérêt botanique
338 espèces de plantes ont été observées à ce jour par les différents botanistes qui ont fréquenté le site. Parmi celles-ci, plusieurs n'ont pas été retrouvées récemment et sont probablement disparues. Ce total reste important et s'explique par la mosaïque de biotopes qui constituent la zone.
Sur les 320 espèces qui sont considérées toujours présentes sur le site, 86 sont rares ou menacées dans les Pays-de-la-Loire (liste rouge DIREN/Hunault). Par ailleurs, 9 espèces possèdent un statut de protection au niveau régional ou national (dont un cultivar et une espèce introduite).
En dehors des espèces protégées, d'autres présentent un intérêt patrimonial très fort. On citera pour mémoire la présence de l'Helianthème nummulaire, de la Laitue pérenne, du Lin de France ou encore de la Tulipe sylvestre.
Afin de suivre la gestion mise en place sur la parcelle jouxtant la réserve, deux comptages réalisés à une année d’intervalle sur deux espèces emblématiques donnent les effectifs suivants :
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Été 2003
(avant gestion) |
Été 2004
(après gestion) |
Été 2006 |
Été 2007 |
| Campanule agglomérée |
86 pieds fleuris |
205 pieds fleuris |
246 pieds fleuris |
185 pieds fleuris |
| Tanaisie en corymbe |
112 pieds fleuris |
297 pieds fleuris |
980 pieds fleuris |
910 pieds fleuris |
La gestion mise en place semble donc adaptée…
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Campanule agglomérée,
espèce présente uniquement
sur la parcelle AC 328,
acquise dans le cadre du programme |
2.2. Intérêt entomologique
L'intérêt entomologique est lié à la fois à la richesse botanique (développement de plantes-hôtes des chenilles) et aux conditions climatiques particulières du coteau. Le nombre d'espèces rares ou menacées, ainsi que la présence de plusieurs espèces disparues ailleurs dans le département, en font un site exceptionnel, qui a motivé les demandes de financement déposées au titre de l'appel à projet de la Fondation Nature et Découvertes.
2.2.1. Lépidoptères
87 espèces de Lépidoptères y ont été recensées (inventaires SESA/B. Lambert). 46 % de ces espèces sont inscrites sur la liste des espèces déterminantes des Pays-de-la-Loire (DIREN) et 2 espèces sont protégées au niveau national.
Certaines espèces présentent quant à elles un intérêt particulier pour le site, soit du fait de leur abondance, ou de la présence de formes caractéristiques.
Parmi les plus intéressantes, retenons la présence de la Piéride de l'Iberis Pieris mannii andegava, très rare en France, et inféodée à Iberis sempervirens.
Lysandra bellargus, très commun sur le site, est présent en grande quantité.
Parmi les autres espèces patrimoniales, on retiendra la présence de Maculinea arion (protégée en France), Glaucopsyche alexis, Euphydryas aurinia (le Damier de la succise, protégé en France), Nordmannia acaciae (l'une des dernières stations en Pays-de-la-Loire)...
2.2.2. Autres espèces
Orthoptères
De nombreuses espèces caractéristiques des milieux secs ont été recensées sur le site. Peu d'entre elles présentent un intérêt patrimonial, hormis l'Œdipode allemande Oedipoda germanica. Cette espèce est en régression constante en France, liée à de multiples facteurs : boisement et dégradation des terrains secs et rocheux, emploi de biocides dans les vignes...
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L'Œdipode à ailes rouges est bien présent
sur les éboulis de l’ancienne carrière (août 2003) |
Ascalaphe
L'Ascalaphe Libelloides longicornis est un névroptère. Cette espèce est présente sur les biotopes chauds et secs, où elle colonise les prairies. Une population relictuelle subsiste sur les coteaux du Pont-Barré et des individus sont observés régulièrement chaque été.
Cigales
Deux espèces de Cigales se rencontrent sur les coteaux de Pont-Barré :
la Cigale argentée Tettigeta argentata
la Cicadette des montagnes Cicadetta montana
Ces deux espèces sont en limite de répartition nord. Leur présence à cette latitude s'explique par le microclimat présent sur le site, les Cigales étant des insectes très héliophiles.
Araignées
Des relevés effectués depuis plusieurs années (plus de 60 espèces recensées, S. Braud comm. pers.) ont mis en évidence une grande richesse arachnologique, avec présence de nombreuses espèces à répartition méridionale.
On retiendra notamment la présence de trois espèces rares :
L'Éréside Eresus cinnaberinus et la Mygale Atypus affinis, toutes deux inféodées aux substrats secs et ensoleillés, dans lesquels elles creusent leurs terriers. Leurs populations sont localisées au niveau de la réserve et principalement dans la zone à l'est (pré sec à Tanaisie en corymbe), ainsi que sur la pelouse surplombant le four à chaux.
Cyclosa algerica, est une espèce du sud de la France, très rare ailleurs.
Par ailleurs, la superbe Salticide Philaeus chrysops était observée régulièrement dans la petite carrière située à l'est des coteaux (carrière de Beaulieu). Cette station est à présent détruite suite au comblement de la carrière.
3. Statut, Menaces et Mesures de Protection
Les coteaux du Pont-Barré ont été désignés en site inscrit (SI du 14·10·75) tandis que la partie à l'ouest (réserve botanique), faisait l'objet d'une protection forte, avec la désignation d'une réserve naturelle volontaire.
La LPO est intervenue en 1999 et 2000 pour que soit limitée l'extension de la vigne et que les coteaux bénéficient d'une protection accrue.
Un plan de gestion a été rédigé à cette occasion, qui prévoit des actions de réhabilitation du haut des coteaux, afin de sauvegarder les populations d'espèces patrimoniales recensées sur le site.
Par ailleurs, un arrêté préfectoral de protection de biotope est à l'étude par la DIREN. Celui-ci n'a pas abouti pour le moment.
Le changement de statut de la réserve naturelle volontaire en réserve naturelle régionale, institué par la loi n° 2002-276 du 27 février 2002 (JO du 28·2·02) relative à la démocratie de proximité laisse entrevoir de nouvelles possibilités de protection.
4. Programme d'action
Ce programme est destiné à la mise en place d'actions de gestion sur les coteaux du Pont-Barré, qui viendront soutenir les démarches engagées dans le cadre de l'extension souhaitable de la réserve naturelle régionale.
Leur pérennité est assurée par l'acquisition des parcelles présentant le plus grand intérêt patrimonial.
4.1. Une maîtrise foncière
Acquisition de 1,98 hectares des sites sensibles (parcelle à Mygales, vallon de Vaugiraud, ancienne carrière de Beaulieu).
Fig. 2 : Localisation des parcelles acquises par la LPO dans le cadre du programme
4.2. Mise en place d'un pâturage extensif des zones herbacées en cours de fermeture
Les aménagements réalisés sont les suivants :
débroussaillage sur le périmètre des parcelles ;
pose de pieux en châtaigner ;
pose d'un grillage à moutons ;
mise en place de franchissements de la clôture.
4.3. Des travaux de gestion
Débroussaillage des zones envahies par les arbustes, afin de permettre le développement des plantes nourricières des papillons des pelouses ;
Coupe des genêts sur la parcelle à l'est de la réserve (zone à Mygales Atypus et Eresus) ;
Restauration des zones de pelouses en friche, par la fauche et l'exportation des résidus.
L'ensemble de ces travaux a été réalisé par l'association d'insertion Éclaircie (Cholet).
vue du grillage posé sur les parcelles proches du four à chaux,
avec franchissement de la clôture.
4.4. Des inventaires complémentaires
Visite du site à diverses périodes de l'année, afin de compléter les inventaires sur plusieurs groupes d'espèces ;
Mise en place de pièges au sol destinés à compléter l'inventaire arachnologique ;
Comptage de quelques plantes remarquables.
Deux groupes d'espèces ont fait l'objet de découvertes intéressantes :
Les araignées
Une série de pièges au sol a été implantée au printemps sur différents biotopes situés sur le coteau, permettant la capture de plusieurs centaines de spécimens. Le total des espèces identifiées sur le site atteint à présent 108 espèces.
Parmi les nouvelles espèces trouvées lors de ce piégeage, notons la présence de Gnaphosa opaca, nouvelle espèce pour la France (détermination par Serge Braud).
Les champignons
Au début de lautomne, plusieurs pieds de Bolet satan (espèce menacée dextinction en Maine-et-Loire, Mornand, 1998) ont été découverts.

Bolet satan
Le 17·10·03, une visite sur les parcelles appartenant à la LPO autour du four à chaux a permis de noter 11 espèces dont Clathrus ruber (espèce peu commune).
Des prospections plus exhaustives seraient à réaliser sur le site, afin davoir une vision globale de lintérêt mycologique (J. Mornand, comm. pers.)
Je veux visiter les coteaux
Les terrains acquis par la LPO 49 seront prochainement aménagés (sentiers, panneaux de découverte), afin de permettre un cheminement aisé.
La flore de la réserve botanique est strictement protégée (cueillette interdite) et l'accès ne se fait que sous autorisation préalable auprès de l'Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts d'Angers.
Concernant l'accès sur les parcelles de la LPO, nous vous demandons de nous contacter avant chaque sortie sur le terrain, et de réaliser un compte rendu des observations réalisées. Nous vous demandons de respecter la faune et la flore du site (pas de capture, pas de cueillette), afin de protéger les espèces sensibles qui s’y développent.
Remerciements :
• à l'ensemble des donateurs, qui ont participé financièrement aux acquisitions : particuliers et adhérents de l'association, et au Zoo de Doué-la-Fontaine ;
• aux financeurs du programme : Union européenne (Leader +), Conseil général de Maine-et-Loire, DIREN Pays-de-la-Loire, Fondation Nature et Découvertes (appel à projets Insectes en Danger) ;
• à l'association d'insertion « L'Éclaircie » ;
• aux bénévoles ayant participé aux inventaires ;
• aux groupes d'étudiants de l'Institut de biologie et d'écologie appliquée d'Angers.
• à toutes les personnes ayant apporté leur concours à la réalisation de ce programme : MM. Braud, Lambert, Mornand, Pithon, Redois, Mme Lambert.
LIENS
Domaine Jo Pithon : http://www.jopithon.com/Pages/domaine.html
Zoo de Doué-la-Fontaine : http://www.zoodoue.fr/
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